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Les articles de Caroline LHOMME

Après avoir travaillé une quinzaine d'années dans l'édition, Caroline LHOMME, une rupture d'anévrisme lui a fait découvrir le monde du handicap.Aujourd'hui, elle profite de cette expérience douloureuse mais finalement très riche pour écrire sur des sujets très variés.

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Interview d’Antoine Pagnier

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Antoine Pagnier a obtenu son Master de Musicologie à l’Université de Dijon-Bourgogne avec un mémoire sur Benjamin Britten, un compositeur moderne au service du passé. Passionné surtout de musique lyrique (ténor, il suit des cours de chant au Conservatoire de Troyes) mais également de musique classique et jazz, il s’intéresse depuis longtemps à l’Histoire de l’enregistrement sonore et aux différentes techniques de reproduction du son. Ayant le projet de créer son propre label, Antoine profite de l’évolution du Web 2.0 et de l’avancée considérable de la musique sur Internet pour développer son Label en partenariat avec des artistes, nouveaux talents comme musiciens confirmés, mais également en reproduisant des enregistrements épuisés tombés dans le domaine public.

Le label Les Belles écouteuses tire son nom, en jouant sur les mots écouteurs/écouteuses, d’un poème de Verlaine Mandoline, souvent mis en musique. Créé en 2009 par Antoine Pagnier, le label compte aujourd’hui 24 albums. S’il porte un intérêt particulier à la musique classique en produisant notamment le Duo Papadopoulos ou encore Les Monts du Reuil, il se veut ouvert à tous les genres musicaux. Il met ainsi à l’honneur l’Argentine avec Canto de los Pueblos de Ninon Valder et Leonardo Sanchez, avec un album Musique du Monde.

Rencontre avec son directeur artistique non voyant, Antoine Pagnier,

1/ Comment avez-vous créé votre label ?

J’ai créé mon label en 2009, d’abord sous forme d’association, puis d’autoentreprise, et maintenant de société. Cela nous a permis de grandir progressivement, et d’obtenir des subventions et du mécénat accessible par les entreprises seulement. Grâce à une synthèse vocale et au braille, je peux travailler. Certains logiciels, sur téléphone ou Internet, s’avèrent très accessibles. Et quand je ne peux, malgré les outils dont je dispose, mener une action, je demande de l’aide à une personne de mon équipe.

2/ En quoi votre handicap a-t-il influencé vos choix ?

Jouant d'un instrument depuis ma petite enfance, je me suis davantage tourné vers la musique quand ma maladie s’est déclarée. Mélomane, j’ai décidé de suivre des études de musicologie. J’ai pensé à la profession d’accordeur de piano, puis à celle de chercheur et d’enseignant. Mais j’ai réalisé que je souhaitais allier pratique et théorie. Je voulais des compétences pour amener les musiciens à redécouvrir le répertoire. Mon acuité auditive me permet de mieux conseiller les artistes, de régler tout de suite certains problèmes, d’entendre immédiatement comment cela va sortir au disque, et d’aider les artistes à se surpasser. Après mon master en administration de la musique, je voulais aider au mieux les musiciens. Passionné de son, je souhaitais soutenir les artistes dans la concrétisation de leurs projets, les aider à développer leurs carrières via les disques mais aussi les nouveaux médias apparus depuis les années 2000. Au-delà de la direction artistique, je les accompagne dans leur communication. Et je souhaite faire connaître les talents que je défends auprès des mélomanes mais aussi du grand public. Notre travail les aide également à trouver des endroits où donner des concerts.

3/ Que pensez-vous du rapport entre le monde du travail et le handicap aujourd’hui ?

Depuis la crise de 2007, le monde du travail s’avère très difficile. Et la place des personnes handicapées dans le monde du travail reste compliquée. La loi des 6% n’est pas respectée : certaines entreprises préfèrent payer une amende que d’accueillir des personnes handicapées au sein de leurs équipes. Beaucoup de déficients visuels travaillent dans le monde de la musique, en raison de leur acuité auditive. Cependant, elles le font en tant qu’indépendant, et non pas au sein d’une entreprise. Moi-même porteur de handicap, j’apprécie d’être aussi en contact avec des personnes handicapées, de pouvoir échanger avec elles. A une époque, nous avons fait appel à un centre d’aide au travail pour tous les travaux d’imprimerie. Notre graphiste est très à l’écoute de mes réactions car j’aborde différemment les projets. Et cette singularité l’intéresse, lui offre une autre approche. Le monde de l’entreprise gagnerait tellement à créer des binômes avec des personnes handicapées !

Caroline LHOMME septembre 2020

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