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Les articles de Caroline LHOMME

Après avoir travaillé une quinzaine d'années dans l'édition, Caroline LHOMME, une rupture d'anévrisme lui a fait découvrir le monde du handicap.Aujourd'hui, elle profite de cette expérience douloureuse mais finalement très riche pour écrire sur des sujets très variés.

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La coiffure enfin accessible à tous

Des coupes, des couleurs et des mises en pli accessible à tous... Depuis le 16 juillet dernier c’est possible à Grenoble. Christope Tirard, coiffeur malentendant dirige le premier salon entièrement destiné à accueillir tous types de handicap. Reportage. Il est 15h et le soleil d’été frappe de toute sa force les façades flambant neuves du nouveau quartier de Bonne à Grenoble. Le regard franc, le coup de ciseaux net, Christophe Tirard achève sa dixième coupe de la journée. Un coup d’œil vers les lèvres du client où il déchiffre : « c’est super, merci ! ». Il relâche alors son sérieux, son sourire laisse comprendre sa satisfaction. Mais la plus grande fierté de Christophe ce n’est pas seulement de ravir ses clients, c’est le lieu où il les accueille. Car il s’agit du premier salon de coiffure entièrement accessible aux personnes handicapées. Et autant dire que ca se bouscule au portillon. Mais pour rendre un tel endroit accessible, il a fallu bien évidemment que l’environnement dans lequel il se trouve le soit. Bien décidée à montrer l’exemple, la ville de Grenoble à réalisé son nouveau quartier résidentiel en tenant compte, à la lettre, des normes imposées par la loi de Janvier 2005. Avec ses 90 centimètres de large, la porte d’entrée située au niveau de la chaussée permet à tout type de visiteur de la franchir. Les personnes malvoyantes, sont elles accueillies par un haut parleur situé à l’extérieur. Du prix de la coupe aux horaires d’ouvertures, tous les renseignements sont diffusés. Il suffit pour cela de disposer de la télécommande Navigueo conçue par l’entreprise lyonnaise EO Guidage. Un aménagement au poil Une fois à l’intérieur, le client malvoyant peut accéder à une console parlante munie d’un plan tactile du salon. Une astuce bien utile pour se retrouver dans les 176 m² qui composent le salon. Au sol, les dalles comportent des reliefs différents pour permettre de circuler en toute sécurité d’une pièce à l’autre. Première étape, les bacs à shampoing. « Une épreuve souvent redoutée par les personnes à mobilité réduite à cause de l’inconfort de sièges », explique Christophe. Ici, tout est prévu, les sièges inclinables à volonté offrent un bon maintien. L’un des bacs est quant à lui destiné aux personnes tétraplégique, dépourvu de siège, il est réglable en hauteur. Une fois installé, on surprend son reflet dans le miroir installé au dessus de l’entrée de la pièce. Une astuce trouvée par notre coiffeur malentendant pour pouvoir lire sur les lèvres de se clients. Côté coiffure, là aussi le maître mot reste l’accessibilité. Les tables situées à 83 centimètres du sol permettent à n’importe quel type de fauteuil de venir se placer en dessous. Là aussi, les miroirs jouent un rôle primordial dans le dialogue entre Christophe et ses clients. Les toilettes sont elles-aussi faciles d’accès. Tout est prévu pour faciliter la vie aux clients. « J’aime beaucoup faire des coupes travaillées, mais la plupart du temps je réalise des choses très simples pour que le client, aussi mobile qu’il soit, puisse se recoiffer sans trop d’efforts à la maison », raconte-t-il. Le salon de Christophe, premier du genre, est en réalité un pilote mis en place par l’Oréal. Aussi, devrait-on voir une série de coiffeurs accessible fleurir dans les prochaines années à travers l’hexagone PORTRAIT Christophe Tirard, gérant du salon. Si diriger le premier salon entièrement accessible est une fierté pour Christophe, c’est avant tout une consécration. A 40 ans, son parcours de coiffeur professionnel n’a pas été un long fleuve tranquille. « Quand j’étais jeune, je voulais être pilote d’avion » se souvient-il avec nostalgie. Pourtant, le handicap est là et il faudra faire avec. Boulanger, agent d’entretien, voilà les quelques professions auxquelles certains le destinaient, « je ne pouvais choisir que des métiers où ma surdité passerait inaperçue, loin du public », se remémore-t-il avec amertume. Christophe n’a cependant jamais revu ses ambitions à la baisse. Son goût pour la perfection et l’esthétique le dirigent très vite vers une formation de coiffeur. Là, le début de la galère commence : « j’ai du démarcher auprès de 30 patrons différents avant que quelqu’un accepte de me prendre en apprentissage. Pour eux, le handicap rendrait ma formation trop fastidieuse et pouvait faire peur aux clients ». Malgré tout, la persévérance de Christophe finît enfin par payer. Il décroche son premier CDI à Grenoble et part très vite aux quatre coins de la France, dans les plus grands salons. C’est avec des kilomètres de cheveux coupés derrière lui qu’il revient à Grenoble en 2004. Il monte alors son propre salon dans un petit local où, petit à petit, il se fait un nom. Mais ses projets ne s’arrêtent pas là, l’idée d’un salon accessible à tous les handicaps commence à germer. Il entre alors en contacte avec le poids lourd de la coiffure, L’Oréal. Son projet fait mouche. L’entreprise décide alors de monter, avec lui, un salon pilote accessible à toute personnes en situation de handicap. « C’est l’aboutissement de longues années de travail. Aujourd’hui je ne permet pas aux personnes handicapés d’être coiffées comme tout le monde, je fais ce que tout bon coiffeur se doit de faire ».   Morgan BARTHELEMY 01/08/2010

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