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Les articles de Caroline LHOMME

Après avoir travaillé une quinzaine d'années dans l'édition, Caroline LHOMME, une rupture d'anévrisme lui a fait découvrir le monde du handicap.Aujourd'hui, elle profite de cette expérience douloureuse mais finalement très riche pour écrire sur des sujets très variés.

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Anne, de l’ombre à la lumière

Un phénomène de société, peut-être. L’amour d’un père pour sa fille, certainement. L’affaire a été reprise par de nombreux médias français. Emission de radio, une des journaux, reportage télévisé, tous ne semblent parler que de cette fameuse webcam. Une caméra qui devrait être installée dans la chambre d’une jeune femme handicapée et qui devrait la filmer 24h/24. Touché par l’explosion médiatique inattendue de cet événement, Didier Lamic, reconnaît avoir appuyé par mégarde sur le « bouton » des médias. A l’origine, une initiative qui lui semble anodine. Il est allé présenter son site internet dans un journal local, présentation qui s’est retrouvé en Une. Mais, derrière ce buzz médiatique se cache un site internet. Désuet au premier abord, le site se révèle riche en informations sur le handicap. Philosophie, photos, chansons, livre d’or ; c’est une visite dans la vie d’Anne, 32 ans. Cette jeune trentenaire est handicapée moteur cérébral depuis sa naissance. Elle ne peut ni marcher ni parler.  Interrogé, son père, Didier Lamic, exprime avec franchise ce qui le motive à mettre en place cette webcam : « C’est une idée personnelle, je veux faire sortir Anne de l’ombre et du silence. C’est une personne de 32 ans que je veux faire reconnaître comme une personne humaine. » Selon lui, Anne est sortie du silence en ayant reçu des lettres de la France entière et du monde. Sortir de l’ombre, lui rendra sa dignité et ne fera plus d’elle une personne cachée. « Je ne veux pas la mettre en pâture et je n’ai aucun intérêt financier dans cette affaire. Je ne recherche ni le pathétique ni le sensationnel ». Au total, ce sont plus de 1200 messages qui ont été laissés pour lui et l’ensemble de sa famille sur le livre d’or, le forum ou les boites mail. « 95% des mots sont touchants et favorables à notre démarche » explique Didier Lamic. Au milieu de ces marques de sympathie, certaines personnes ont laissé aussi des messages blessants. Les messages peuvent être virulents et agressifs, modérés et critiques ou seulement s’interroger sur l’utilité de la démarche. Certaines de ces réactions atroces ont été laissées sur le site comme un symbole des réactions négatives. « J’ai essayé de communiquer avec chacune des personnes qui m’a écris mais il est vrai que, la plupart du temps, ceux qui m’ont critiqué ne laissent pas de coordonnées pour les joindre ».  Entouré de sa femme et de ses enfants, Didier Lamic affirme avoir une vie « équilibrée ». Entre randonnées en montagne et moments en famille, il estime ne pas avoir fait de sacrifice dans son épanouissement. « Même si nous ne partons pas à plus d’une heure de la maison pour pouvoir revenir si il y a un problème, nous prenons des périodes pour nous ressourcer », dans ces moments de repos, Anne est admise dans un service spécialisé. Dans cet établissement elle est prise en charge dans des locaux adaptés et un bilan de santé peut aussi être réalisé. Pour lui, les vacances idéales sont celles qu’il passe avec sa femme et qu’il organise seul en Inde ou au Népal: « je trouve que les voyages organisés ressemblent à des tunnels où l’on ne parle à personne ». C’est certainement cet esprit d’aventure et ces voyages à l’autre bout du monde qui lui ont donné cette tolérance et cette ouverture d’esprit. « Stade de réflexion » Didier Lamic a déjà annoncé se donner une période de réflexion concernant la caméra dans la chambre de sa fille. S’il a décidé de rencontrer des représentants de certaines associations de personnes handicapées, c’est parce que Didier Lamic voulait leurs avis. « J’en suis à un stade de réflexion, je ne veux causer de tort à personne ». Les réactions qui s’enchaînent suscitent une période de réflexion chez ce père. « Des personnes handicapées m’ont confié avoir peur que cette retransmission vidéo ne porte atteinte à leur image ». Affecté par cette couverture médiatique excessive, Didier Lamic a conscience de certains aspects positifs de cette aventure. Il retiendra des contacts à travers le monde et toujours plus d’informations sur le handicap.   Johanna Amselem

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