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Les articles de Caroline LHOMME

Après avoir travaillé une quinzaine d'années dans l'édition, Caroline LHOMME, une rupture d'anévrisme lui a fait découvrir le monde du handicap.Aujourd'hui, elle profite de cette expérience douloureuse mais finalement très riche pour écrire sur des sujets très variés.

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JOURNÉES EUROPÉENNES DE L’ACCESSIBILITÉ, EN ROUTE VERS LE FUTUR.

Faire de l’accessibilité un moteur du développement des villes de demain. C’est le but que se sont fixés l’association Accès Universel, les pouvoirs publics ainsi que des dizaines de partenaires lors de la nouvelle édition des journées européennes de l’accessibilité. Ce colloque, organisé à l’école de commerce de Grenoble les 22 et 23 janvier, a réuni des centaines de participants afin d’établir un bilan des avancées et des projets en matière d’accessibilité. Emploi, culture, transports, urbanisme, communication. Tout au long des ces journées se sont succédées près de 15 conférences pour aborder un large panel de problématiques, mettre en évidence les failles existantes et les solutions à y apporter. Experts, entrepreneurs, élus et représentants d’associations ont témoigné de leur expérience et ont exposé leurs projets pour les années à venir. Un climat d’échange et de coopération internationale, justifié par la présence d’intervenants venus du Japon, d’Angleterre, d’Allemagne, d’Autriche ou encore d’Espagne. Après Paris, c’est donc au tour de la capitale iséroise d’accueillir les secondes journées européennes de l’accessibilité. Dès l’ouverture du colloque, Roland Dreyfus, président d’Accès universel a tenu à remercier la ville de Grenoble, représentée par Stéphane Gemmani, conseiller municipal délégué à l’accessibilité, pour ses avancées. Depuis de nombreuses années, la ville accorde une importance toute particulière à l’accessibilité avec notamment une nouvelle augmentation de budget à hauteur de 200 000 euros pour l’année 2010. Aujourd’hui, Grenoble fait figure d’exemple pour toutes les villes européennes en matière de transport, d’urbanisme, d’habitat et d’emploi. Ce dernier point connait désormais un nouvel élan avec la signature d’une convention entre l’AGEFIPH et la mairie qui prévoit, d’ici à 2013, l’aménagement de plus de 300 hectares afin de permettre aux personnes handicapées d’accéder plus facilement à leurs lieux de travail. Aller plus loin dans l’emploi des personnes handicapées L’emploi, justement, axe essentiel dans les projets européens de mise en accessibilité, était l’objet de la première conférence. Alors qu’il y’a 3 ans, la situation n’était pas des plus reluisantes, on pouvait s’attendre à une hécatombe après le passage de la crise. Mais pourtant, les statistiques sont là et ne sont pas si désastreuses. Selon Jean-Marie Faure, président de l’AGEFIPH, « le cadre législatif a permis de préserver les travailleurs handicapés avec une hausse de 10% contre 20% de chômage en plus pour l’ensemble des salariés français ». Des résultats encourageants donc, d’autant plus que l’AGEFIPH a réussi faire passer le nombre d’entreprises à « quota 0% » de 27 000 à 5 100 grâce à une médiation engagée il y’a maintenant 2 ans. Malgré ces améliorations, les principaux acteurs de l’emploi des personnes à mobilité réduite et déficientes restent lucides. De nombreux problèmes restent à résoudre. Pour Eric Rumeau, directeur de la santé et de l’autonomie du conseil général de l’Isère, ce domaine est confronté à trois problématiques essentielles : Favoriser les passerelles entre milieux protégés (Esat,...) et les milieux dits « ordinaires » et développer le recours aux prestataires de services. Accompagner la personne handicapée dans l’entreprise afin d’analyser ses besoins et ceux de l’entreprise pour mieux adapter les tâches. Et faciliter enfin l’obtention du statut de travailleur handicapé délivré par les Maisons Départementales des personnes Handicapées (MDPH) en réduisant les délais d’attente et le nombre de pièces à fournir. Selon les intervenants, l’accès à emploi devrait connaitre un développement dans les prochaines années. Le vieillissement de la population devrait entrainer une adaptation des lieux et des postes de travail à long terme. Une évolution bénéfique pour les personnes handicapées. Repenser les villes de demain Parler d’accessibilité implique évidemment de s’attaquer aux questions de mobilité et de déplacement. A quoi ressembleront les métropoles de demain ? Quelles normes faut-il imposer dans pour les projets de construction ? Ces questions ont fait l’objet de deux conférences consacrées à l’urbanisme et aux transports. « L’homme idéal n’existe pas. C’est l’environnement qui fait qu’une personne est handicapée. Ce n’est donc pas à elle de s’adapter mais à l’environnement d’être transformé » explique l’architecte Régis Herbin. Pour les spécialistes invités à exposer leurs observations, le problème est clair. L’accessibilité restera un casse tête si les acteurs continuent à essayer de résoudre les problèmes un à un. « Il faut une réflexion globale, imposer des normes et des exigences de qualité ». Aujourd’hui, l’accessibilité est encore une problématique sur laquelle se penche une poignée d’architectes et d’urbanistes. Selon Mr Herbin, « elle ne doit plus être une branche de l’architecture mais une norme incontournable pour toute forme de projet. Il faut pour cela modifier en profondeur le programmes d’enseignements dans les écoles ».   Se déplacer, un privilège pour les valides Si la question du transport constitue l’une des plus grandes fiertés de l’agglomération grenobloise (voir notre prochain dossier sur les transports en commun), elle a évidemment tenue une place importante dans les débats. Comme dans de nombreux domaines, le financement reste le premier frein au développement de l’accessibilité. Mais plus qu’une charge, l’accessibilité pourrait devenir profitable. C’est en tout cas l’avis de Mary Crass, Chef de la division politique et responsable de la préparation du Forum International du Transport : « il faut se placer sur le long terme car l’accessibilité pourra engendrer des bénéfices ». Grenoble, toujours pris en référence, a vu se développer une coopération entre sociétés de transport, élus locaux et associations de personnes handicapées afin de développer un projet commun et efficace. Un exemple à suivre dans toutes les villes d’Europe selon Mme Crass. « Le décret-loi du 11 janvier 2005 est une avancée puisqu’on parle désormais d’accès à tous, pour tous. C’est entrée dans les esprits », explique Soraya Kompany, Chef du cabinet du Délégué aux Personnes Handicapées. « Mais il reste encore beaucoup de chemin à faire. Il faut changer de culture, arrêter de penser handicap car l’accessibilité est profitable à tous ». De cette conférence, on retiendra malheureusement l’intervention de Mr Paoletti, chargé de projet chez Alstom, venu rendre compte du peu d’ambition qu’affiche le programme de mise en accessibilité du constructeur de trains et métros. Une démarche qui ne verra naitre aucun train accessible avant plusieurs années car « non profitable » sur le plan financier. Aujourd’hui, grâce à des élévateurs, Alstom permet d’accéder à certains trains, à raison d’un fauteuil par wagon. Pas simple lorsque l’on veut voyager à plusieurs ou tout simplement avec son amie ou son compagnon... Les institutions, coordinateurs et acteurs de premier plan Acteurs essentiels de l’évolution vers le tout accessible, les institutions nationales et internationales ont pour rôle de coordonner les actions menées entre les collectivités territoriales et l’échange de compétences entre les pays. Une fonction rappelée par l’administratrice du Département d’Intégration de personnes handicapées au Conseil de l’Europe, Mme Garabagiu. Invitée à se prononcer lors de la conférence, la FFSA (Fédération Française de Sport Adapté) par la voix de la conseillère technique du Comité Départemental de sport adapté de l’Isère, Maud Bougon, à tenu à revenir sur son rôle d’accompagnement des personnes handicapées vers le sport. Une initiative qui connait un essor avec le développement des formations universitaires et des formations rapides des accompagnateurs et des entraineurs sportifs. A l’heure où la question des retraites mine la plupart des pays de l’Union, celle de l’accompagnement des personnes âgées vient immanquablement à se poser. La vieillesse et les déficiences qui peuvent lui être associées seront un enjeu primordial des sociétés de demain. C’est dans cette perspective que l’AGE (Plateforme européenne des personnes âgées) fédère près de 150 organisations de l’UE qui œuvrent dans ce domaine. « Notre action touche plus de 25 millions de personnes à travers l’Europe. Nous luttons pour préserver et renforcer leur rôle dans la société et cela passe évidemment par l’accessibilité » raconte Angela Cluzel, déléguée aux affaires européennes et membre du conseil de l’AGE. La culture, une question de partage Si « l’accessibilité est un épanouissement pour tous », comme l’affirme Accès Universel, elle est avant tout une question de partage. C’est dans cet esprit que s’est tenu une conférence sur l’accès à la culture lors de la seconde journée du colloque. Initiée en 2001, l’application du label Tourisme et handicap a largement été saluée par les intervenants puisqu’elle a permis d’établir une norme en matière d’accessibilité dans de nombreux lieux culturels et touristiques, un véritable gage de qualité comme en a témoigné Thierry Renaudin, Secrétaire Général de la Maison de Victor Hugo (Paris). Tout comme les postes de travail, les salles de cinéma seront amenées à s’adapter dans les prochaines années afin de palier le vieillissement de leur clientèle. « Sous-titrage, description auditive, les techniques existent mais restent peu développées pour cause de financement », explique Isabelle Frilley, présidente de Titra Film. « Un quota devrait être imposé dans les prochaines années. C’est une nécessité puisque cela pourrait concerner 1 500 000 personnes », ajoute-elle. « Dessine moi une ville... » Culture, urbanisme, transports, emploi. Ces problématiques s’inscrivent dans une logique de développement qui modèlera la cité de demain. Mais rendre une ville accessible ce n’est pas seulement réduire les obstacles. C’est permettre aux personnes à mobilité réduite ou déficientes, de maitriser leur espace de vie à la fois sur le plan mental et physique, une ville dans le creux de la main. Cette notion, Gernot Wolfgang, directeur du projet Freiburg Für Alle (Fribourg pour tous) et Anke Dallmann, conseillère municipale de Fribourg (Allemagne) l’ont bien comprise. Ils ont développer un programme d’accessibilité afin de permettre aux personnes handicapées de vivre et se diriger dans leur ville. Un projet qui a nécessité de nombreuses années de travail et de recherche : « nous avons d’abord établi un inventaire des bâtiments, commerces et des services accessibles. Nous avons ensuite observé les parcours urbains afin de les adapter aux personnes à mobilité réduite. Nous avons alors publié cet inventaire sur internet et réalisé un guide pour les séniors et les personnes handicapées », raconte Mr Wolfgang, « ce projet permet a l’ensemble de nos citoyens de se guider à travers la ville. Nous poursuivons le travail et il permet d’avoir une vision d’ensemble des axes à développer en matière d’accessibilité. Ce projet s’étale sur 20 ou 30 ans ». L’exemple de nos confrères germaniques témoigne d’une prise de conscience à échelle internationale. Leur projet a engendré la création d’un conseil consultatif composé de personnes présentant toutes formes de handicap. Une expérience qui fait office « d’exemple à suivre » selon Nicolas Merille, Conseiller national Aménagement du territoire, Ville et Citoyenneté de l’APF qui réclame une évolution « des méthodes de concertation ». Pour lui, « l’accessibilité n’est pas une matière sociale, il s’agit d’aménagement et de développement durable, au même titre que l’écologie ». Si ces journées européennes de l’accessibilité n’ont pas permis d’engendrer de véritables mises en œuvre, elles ont contribué à dégager les enjeux et les perspectives de ce que sera la société de demain. L’Etat doit désormais appuyer ces projets, un nouveau combat pour les collectivités locales et l’association Accès Universel qui n’ont pu que constater l’absence de la secrétaire d’Etat de la famille et de la solidarité, Nadine Morano, initialement invitée au colloque. Quoiqu’il en soit l’idée fait son chemin, des projets voient le jour et du côté d’Accès Universel, on prépare déjà un colloque international. Morgan BARTHELEMY15/09/2010

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