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Article écrit aimablement par: Dominique Delayre - JURIHAND
Les règles juridiques spécifiques aux handicapés, associées à des
conseils de gestion de patrimoine, permettent aux parents de faire face, en
sachant comment devra s’articuler le soutient financier qu’ils devront
assurer, peut-être même au delà de leur disparition, afin qu’il puisse
durer toute la vie de celui que la nature a défavorisé.
La
protection de la personne handicapée
La protection du conjoint
Les textes de référence
Où s'adresser ?
Cette technique permet
de transmettre des biens au delà d'une seule génération en bénéficiant d'un
régime de faveur sur le plan fiscal. Ce dernier s'applique autant pour cause de
mort (dans un testament) que lors d'une donation.
En pratique, cela
permet de donner ou de léguer à une personne handicapée un patrimoine qui lui
permettra une vie digne et indépendant financièrement, puis à son décès,
une transmission aux autres héritiers, comme frère et sœur, avec des droits
limités.
En langage juridique
on dira que cette libéralité comporte une double libéralité :
Le bien ou le capital donné ne feront que traverser le patrimoine de la personne handicapée. Elle pourra y puiser autant qu'il lui sera nécessaire, et à son décès le solde changera de propriétaire. Le bénéficiaire en second sera censé le recevoir du testateur ou du donateur d’origine.
En cas de testament, cette possibilité permet aux parents de respecter la réserve obligatoire dû à chaque enfant, qu'il soit handicapé ou pas. En même temps elle effacera le risque de voir le solde passer au frère ou à la soeur avec des droits de succession pouvant monter jusqu'à 45 %, puisque malheureusement beaucoup de personnes handicapées disparaissent sans conjoint et enfants.
EXEMPLE:
Imaginons une somme de 30.000 € légué
par son père à un enfant handicapé. Il en utilise 10.000 et 20.000 vont à
son frère.
Sans
legs de residuo ce dernier paierait 35 % de 20.000. Avec le legs de residuo, ce
sera zéro si l’abattement entre le parent et son enfant n’est pas épuisé,
et 2.300 € dans le cas contraire. On peut même se demander s’il serait
possible d’admettre l’imputation des droits payés par le premier légataire
sur ceux dus par le second. Cette imputation a été admise aux termes d’un
arrêt de la Cour Suprême du 21 octobre 1969.
Avec un
enfant handicapé, il faut aussi penser au conjoint survivant qui aura seule la
charge de la personne handicapée. La loi de décembre 2001 a fait bénéficier
celui-ci d'avantages supplémentaires mais en présence d'autres enfants,
celui-ci risque de ne pouvoir prendre en charge seul son enfant handicapé, même
si celui-ci a reçu comme ses frères et soeurs une partie de la succession du
premier décédé. Un handicap peut générer des frais très lourds. Or en
France, la couverture de la maladie courte est extrêmement bien faite. Il
n’en va pas de même avec un handicap sévère quand on parle fauteuil,
domotique dans la maison, tierce personne.
Le couple
pourrait prévoir de donner à l'époux survivant la quotité disponible mais
les enfants seraient lésés fiscalement au décès de celui-ci en payant une
nouvelle fois des droits (en plus de ceux payés par leur mère). La solution, là
encore, est de léguer dans le cadre d'un legs de residuo cette quotité. Si ce
capital n’a pas été utilisé, il pourra revenir aux autres enfants avec des
frais moindres, et en tout état de cause, pas supérieurs à ce qu’ils
auraient été si le capital avait été donné directement.
Arrêt de la Cour Suprême du 21 octobre 1969
Ce type de donation ressort seulement de la jurisprudence,
le code civil n’en traite pas mais toutes les règles propres aux donations ou
aux legs s’appliquent. Une personne donne ou lègue tout ou partie de ses
biens, en stipulant qu’au décès de celle-ci, ce qui en restera reviendra à
la seconde personne désignée.
Des règles :
Voir aussi:
Les droits fondamentaux des personnes handicapées et des malades
Les droits patrimoniaux des personnes handicapées et de leurs familles: problèmes et solutions
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